INTERVIEW 16 bis : Les laboratoires Animés Nans Martin - 14e édition d'Entrez dans la danse, Fête de la danse

14e édition d'Entrez dans la danse, Fête de la danse
Dimanche 11 juin 2017

"ENTREZ DANS LA DANSE
VOYEZ COMME ON DANSE
Sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez !"

INTERVIEW 16 bis : Les laboratoires Animés
Nans Martin


Crédit Danseaujourdhui




1/ Quel est le fait marquant qui vous a décidé à devenir danseur et/ou chorégraphe ?
"J’ai commencé la danse très jeune et je ne me rappelle pas réellement quel est le fait marquant qui m’a poussé dans cette voie... Je suis quelqu’un de très instinctif alors peut-être était-ce déjà l’instinct qui m’invitait à entrer dans la danse ! Quant à la chorégraphie, les choses se sont faites petit à petit. C’est ma rencontre avec William Forsythe en 2006 qui a été très marquante lorsque j’ai eu la chance de passer successivement quelques mois à Francfort puis à Dresde pour la performance « Human Writes ». Les répétitions étaient très denses, intenses. Parallèlement j’ai pu l’observer travailler avec sa compagnie, le voir s’engager physiquement dans le travail mais surtout bien choisir ses mots, les meilleures images, activer les meilleurs outils de composition au service de son intention. Cela m’a marqué. Plus tard c’est le travail d’un jeune chorégraphe, Camille Ollagnier qui m’a interpellé et avec qui j’ai pu partager depuis 2011 une très belle aventure autour de la création d’un solo, « l’angle mort ». Ce solo est à l’origine d’une des plus belles propositions chorégraphiques à laquelle j’ai eu la chance de participer : Les Garçons Sauvages ! Et des plus folles aussi puisqu’il aura fallu plus de 4 ans pour réaliser cette suite de 12 soli pour hommes…"

2/ Avec cette pièce, que souhaitez-vous transmettre au public ?
"Avec Seul(e). Les Oiseaux j’aimerais travailler à la création d’un objet chorégraphique qui proposerait au public de porter son attention sur la notion de concomitance. Nous partageons tous le même temps et le même espace malgré nos réalités, et il me semble important de travailler au rassemblement.
Comme citoyen, la question de la migration sous-jacente à la pièce et les problématiques qu’elle soulève interpelle l’artiste contemporain que je suis. En effet, le mouvement nécessaire à mettre en marche ces populations trouve une résonance très particulière en moi, dont le métier est justement d’écrire le mouvement.
Aujourd’hui je ne souhaite pas rester un témoin à la marge d’un monde qui se meut toujours plus vers l’indifférence — et la différence — mais plutôt tenter de répondre, à mon endroit, à la nécessité de trouver des points communs à ces différentes réalités. De développer mes outils de composition en regard d’une question qui me dépasse et de les faire converger dans le champ symbolique et poétique qui caractérise mon travail.
Dans Seul(e). Les Oiseaux le plateau devient le lieu de rencontre d’individus occupés à se mouvoir, à se mettre en marche. Nos regards se portent d’abord vers cette femme « seule » puis vers « les autres » qui emplissent peu à peu le reste de l’espace. Ils se regroupent et s’éloignent, se rapprochent et semblent s’aligner, se déplacent tels ces oiseaux dont nous guettons à chaque saison le passage. Dont nous espérons le retour…"


3/ Qu’est-ce qui vous plait dans l’idée de participer à une Fête de la danse ? Qu’en attendez-vous ?
"C’est une très belle opportunité pour présenter ce travail mené avec des amateurs à un public qui n’est sans doute pas connaisseur de mon univers. De faire connaissance à travers la représentation de ce projet de façon inédite puisqu’en plein jour et en extérieur ! Je sais la temporalité de la pièce, la sensation que le temps s’étire, je pense que cela va poser quelque chose de fort au milieu du parc en plein après-midi ! Ça sera l’heure du goûter… L’heure d’y goûter à cette danse qui nous invite à porter un regard toujours curieux et bienveillant sur l’espace et le monde que nous traversons tous chaque jour « par habitude »."

4/ Quels sont vos événements à venir ?
"Nous avons la chance d’avoir été invité par le CDC Les Hivernales à Avignon pour une série de 10 représentations en plein cœur de festival cet été. Du 9 au 19 juillet (sauf le 13) à 15h45 nous jouerons donc « D’Œil et d’oubli » ma précédente création sur le plateau du Théâtre des Hivernales !"

Le 11 juin
Lieu et horaire : 
Paris 12e, Parc de Bercy - Pelouse de la Maison du Lac : 16h20-16h50

Propos recueillis par Valérie Gros-Dubois
Retrouvez toute la programmation sur :
https://entrezdansladanse.fr/programmation-2017/

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